Église de Saint-Maclou, 25 juillet

Une carte pour vous repérer

Les pionniers des temps mérovingiens

Saint Marcouf appartient au monde celtique et mérovingien. Il est l’un des saints qui ont évangélisé, défriché et structuré les campagnes normandes, entre le Ve et le VIIIe siècle. Ces pionniers ont fondé des monastères qui ont servi de noyaux de peuplement.

L’histoire de saint Marcouf commence vers 490. Il naît à Bayeux au sein d’une aristocratie gallo-romaine chrétienne. À la mort de ses parents, suivant le modèle des pères du désert, il renonce à ses biens au profit des pauvres et choisit la solitude.

C’est l’évêque de Coutances, saint Lô, qui l’ordonne prêtre et lui confie une mission : évangéliser le Cotentin. Childebert Iᵉʳ, fils de Clovis, lui accorde des terres à Nanteuil — l’actuelle commune de Saint-Marcouf-de-l’Isle. Marcouf y fonde un monastère qui devient rapidement un centre spirituel et d’accueil.

Eglise de Saint-Maclou, façade occidentale, statue de saint Marcouf

Les belles légendes

Le combat contre le dragon de l’île

La légende veut que lorsqu’il aborda pour la première fois l’île qui porte aujourd’hui son nom (l’une des îles Saint-Marcouf, au large de la presqu’île du Cotentin), celle-ci était le repaire d’un serpent monstrueux, métaphore classique du paganisme local dans les récits médiévaux.

Sans arme ni armée, Marcouf s’avança armé de sa seule foi, traça un signe de croix et donna l’ordre à la bête de regagner le fond de la mer. Le dragon s’exécuta sans résister, laissant l’île paisible pour y installer son ermitage.

Les pirates saxons et la tempête soudaine

Alors qu’il vivait en ermite sur son île, au large du Cotentin, une flotte de pirates saxons débarqua sur le littoral normand pour piller les villages côtiers. Les habitants effrayés vinrent supplier le saint d’intercéder.

Marcouf se mit en prière sur la falaise. Le ciel, jusque-là limpide, se couvrit soudain de nuages sombres et une tempête d’une violence inouïe se déchaîna, brisant les navires saxons contre les récifs. La tradition locale affirme que seuls quelques marins survécurent — convertis sur-le-champ par le spectacle de cette force divine.

Le détour obligé des rois de France

Lors des invasions normandes du IXᵉ siècle, les moines fuient avec les reliques du saint et trouvent refuge en Picardie, à Corbény. À partir du Moyen Âge, une tradition s’installe : au lendemain de leur sacre à la cathédrale de Reims, les rois de France se rendent en pèlerinage sur le tombeau de saint Marcouf. Ce dernier leur confère alors le don de guérir les écrouelles (tuberculose des ganglions du cou) : « Le roi te touche, Dieu te guérit ». C’est ainsi que saint Marcouf est devenu le garant de la légitimité du sang royal.

Saint Marcouf, vitrail de Bony

Ce vitrail, ainsi que ceux qui représentent la Nativité et le Sacré-Coeur, ont été offert par Mme Henri Lepetit dont le cheval, Beaujeu, avait gagné le prix du président de la République en 1961. D’où la présence du petit cheval en bas du vitrail. Il est signé Paul Bony, maitre-verrier qui fut le vitrailliste de Matisse.

L’inscription « Saint Marcouf fait couler le bateau des pirates » est une allusion à l’épisode des pirates saxons.

Le lièvre est une histoire de chasse : avant de mourir, Marcouf veut obtenir du roi Childebert Ier la perpétuation des donations de domaines qui lui ont été faites. En approchant de Compiègne où réside le roi, il s’assied au bord de l’Oise lorsqu’un lièvre pourchassé vient se réfugier sous sa robe de bure. Un des chasseurs l’injurie et exige qu’il relâche le lièvre. Marcouf  lève le bras, l’insolent est jeté à terre, éventré ; chiens et chasseurs s’arrêtent, immobiles. Le saint relève et guérit le chasseur.

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