
Ci-dessus, la page de la brochure-programme de l’APEPA consacrée à cette visite. L’intégralité de la brochure est téléchargeable ici
A l’église Saint-Martin de Saint-Martin-aux-chartrains, La Charité de saint Martin, XVIe siècle), bois polychrome, classé MH.
Deux anciennes statues de dévotion, authentique art populaire.
Ces statues sont des intercesseurs auprès du divin et des témoins de la communauté qui les a produites. Elles sont réalisées (et interprétées) par des artisans imagiers locaux à la demande de leur communauté et avec les ressources locales.
1 – A l’église Saint-Martin de Saint-Martin-aux-Chartrains, La Charité de saint-Martin, bois polychrome (XVIe siècle) classé MH.
Cette sculpture polychrome du XVIe siècle illustre l’un des thèmes iconographiques les plus célèbres de l’Occident chrétien : la Charité de saint Martin.

Martin, soldat romain, coupe son manteau en deux aux portes d’Amiens pour en donner la moitié à un mendiant grelottant. La composition pyramidale est dominée par le cavalier et sa monture. Saint Martin baisse des yeux graves et sereins vers le mendiant, tandis que ce dernier lève un regard implorant et reconnaissant. Le sculpteur fige l’instant précis où l’épée tranche le tissu rouge, saisi simultanément par les deux personnages.
Le saint est vêtu comme un noble cavalier du XVIe siècle (époque de la sculpture). Le mendiant est représenté avec dignité, malgré sa tunique déchirée et sa jambe infirme. Un soin particulier est apporté au harnachement du cheval, avec des motifs dorés sur le mors, la bride et les sangles.
2 – A l’église Saint-Taurin d’Englesqueville, saint Louis (XVIIe siècle), bois polychrome, inscrit MH.
Saint Louis (Louis IX) est l’unique roi de France canonisé par l’Église catholique, car il incarne l’idéal du roi chrétien. Il réforme la justice royale, cherche la paix entre les princes chrétiens, pratique une ascèse rigoureuse. Il fonde de nombreux hôpitaux, dont l’hospice des Quinze-Vingts à Paris (initialement pour les croisés devenus aveugles). Et surtout, il acquiert les plus précieuses reliques de la Chrétienté (la Couronne d’Épines), pour lesquelles il fait construire la Sainte-Chapelle. Sa mort lors de la huitième croisade à Tunis, en 1270 est perçue comme un martyre, scellant sa réputation de sainteté.

Saint Louis est représenté revêtu de ses attributs régaliens : la couronne royale, la robe d’azur semée de fleurs de lys et le grand manteau doublé d’hermine.La posture hiératique et le regard tourné vers le ciel soulignent la piété du souverain. Bien que les attributs d’origine aient disparu, la position des mains suggère qu’il tenait initialement la couronne d’épines et le sceptre royal.
Les joues rouges et les contrastes vifs de la polychromie sont caractéristiques du savoir-faire des imagiers locaux, avant tout soucieux de rendre la figure sainte immédiatement lisible pour les fidèles.
C’est une pièce touchante du patrimoine local, qui montre comment les figures majeures de l’histoire de France et de la foi catholique étaient interprétées par les artisans des paroisses du Pays d’Auge.
