Église de Saint-Pierre-Azif, samedi 11 juillet

A gauche, en entrant, la statue de saint Jean-Baptiste.

Jean-Baptiste mène une vie d’ascète dans le désert, prêchant le repentir. Sa mission culmine lorsqu’il baptise le Christ lui-même, qu’il désigne comme « l’Agneau de Dieu », Fidèle à sa droiture, il dénonce l’union illégitime du roi Hérode Antipas, ce qui lui vaut d’être emprisonné. Il meurt en martyr, décapité à la demande de Salomé.

L’évangéliste saint Matthieu (3,4) le décrit ainsi : « Jean avait un vêtement de poils de chameaux et une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage ». C’est ainsi qu’il est représenté à l’église de Saint-Pierre-Azif.

Saint Jean-Baptiste, pierre polychrome, XVe siècle, classsée MH, église Saint-Pierre, Saint-Pierre-Azif

Saint Jean-Baptiste terrasse Hérode recroquevillé à ses pieds avec sa couronne et son manteau rouge. Le saint, vêtu en ascète, regarde sereinement droit devant lui tout en désignant l’Agneau, son principal attribut. La posture n’est pas figée ; le corps présente un déhanchement hérité du gothique. Le saint avance une jambe pour prendre appui sur le dos d’Hérode.

Le mouvement est avant tout symbolique et moral. Il oppose la verticalité triomphante et ascensionnelle de saint Jean-Baptiste à l’écrasement horizontal du tyran à ses pieds. Le grand manteau insuffle de l’énergie à la composition grâce à des plis obliques et profonds ramenés en diagonale, guidant le regard vers le haut.

Dans le choeur, un blason 

Ce blason fait partie d’une litre seigneuriale (bande de deuil) peinte sur le mur nord du chœur de l’église en 1775 pour rappeler l’inhumation du seigneur de l’époque, Felix de Bouillonney. Le fond noir enveloppant le blason est l’élément caractéristique de la litre.

En voici une description héraldique : D’azur à neuf croisettes d’argent, posées 4, 3 et 2.

Le blason de la litre seigneuriale, 1775

Ce blason est aussi l’occasion de rappeler le lien historique habituel de patronage entre les seigneurs du lieu et l’église paroissiale, les seigneurs finançant l’embellissement de l’édifice pour manifester leur prestige. L’écu est sommé d’une couronne de noblesse (s’apparentant ici à une couronne de marquis ou de comte) soulignant le statut de la famille.

Suspendue au bas de la composition, sous le nœud rouge, on devine la silhouette d’une croix de chevalerie (rappelant la forme de la Croix de Saint-Louis ou de l’Ordre de Malte).

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