Église de Saint-Hymer, vendredi 10 juillet

Qui est saint Hymer?

Hymer appartient à cette génération de moines des VIe et VIIe siècles animés par la recherche d’une solitude absolue, le désert spirituel. Pour fuir le monde et se consacrer à la prière, il s’enfonce dans les denses forêts de la Neustrie mérovingienne. Il choisit d’établir son ermitage dans un vallon retiré du Pays d’Auge, où coule une petite rivière, l’Yvie.

La tradition lie son souvenir à une source d’eau bienfaitrice et à l’accueil de ses premiers disciples. Aprèssa mort, sa sépulture devient un lieu de dévotion locale, donnant son nom au village actuel.

Au XIe siècle (vers 1066), Hugues de Montfort constate la ferveur entourant ce sanctuaire et décide d’y fonder une abbaye bénédictine, qui sera rapidement rattachée à la prestigieuse abbaye du Bec. Le site devient alors le prieuré de Saint-Hymer. Les moines y domptent le vallon de l’Yvie par d’ingénieux aménagements hydrauliques — bassins, réservoirs et canaux — s’inscrivant dans la continuité de la relation qu’entretient ce lieu avec l’eau depuis l’époque de son saint fondateur.

Dans la nef de l’église Saint-Hymer, une Charité de Saint-Martin par Restout

Jean II Restout (1692-A780) La Charité de saint Martin

Il s’agit de Jean Restout II (1692-1768), la figure de proue de la lignée artistique des Restout

Originaire de Caen et établie à Rouen, la famille Restout traverse le Grand Siècle et les Lumières. Elle s’allie aux Jouvenet par le mariage de Jean Restout I et Marie-Madeleine Jouvenet, sœur du peintre Jean Jouvenet, l’un des peintres les plus en vue de la fin du règne de Louis XIV.

Né à Rouen, Jean Restout II fut élève de Jouvenet, dont il était le neveu. Il obtint le grand prix de Rome et fut reçu académicien en 1720. Il est considéré comme le premier peintre de son temps pour la peinture religieuse. Sensible aux milieux jansénistes, son art privilégie la ferveur silencieuse plutôt que l’extase baroque.

L’art de Restout est présent au cœur du patrimoine rural normand, à l’église de Saint-Hymer qui abrite deux grandes toiles de 1735 (Saint Hymer dans sa solitude et La Charité de saint Martin).

Dans le choeur, des vitraux du XVIe siècle

Détail d’un vitrail du choeur, les apôtres saint Thomas et saint Mattias

Sur le détail du vitrail du chœur (XVIe siècle), présenté ci-dessus, les deux apôtres sont identifiables grâce aux inscriptions à hauteur de leurs visages et à leurs attributs iconographiques :

À gauche saint Thomas est représenté tenant un livre ouvert et une équerre de bâtisseur, son attribut en tant que saint patron des architectes et des maçons.À droite : Saint Matthias tient un livre fermé et une longue lance (ou pique), l’un des instruments de son martyre et son attribut habituel.

Les deux figures s’inscrivent dans une structure architecturale en trompe-l’œil qui encadre et monumentalise les saints. Cette mise en scène est typique de la Renaissance, rompant avec les fonds purement géométriques ou floraux du Moyen Âge.

Les innovations de couleurs dans le vitrail au XVIe siècle

Le verre teinté dans la masse : Utilisé pour obtenir des couleurs puissantes et éclatantes (comme les bleus et rouges intenses des drapés et fonds), grâce à l’ajout d’oxydes métalliques lors de la fusion du verre.

Le jaune d’argent : Une technique consistant à appliquer des sels d’argent au revers d’un verre incolore. À la cuisson, le verre se colore d’un jaune transparent. Cette innovation permet d’associer du blanc et du doré sur un même morceau de verre, évitant ainsi l’utilisation de plombs de séparation.

L’essor des émaux : L’introduction de cette peinture vitrifiable colorée permet aux verriers d’exécuter des nuances subtiles, des dégradés complexes et des détails réalistes, rapprochant le vitrail de la peinture sur toile.

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