Grangues/Gonneville-sur-Mer – Les Mardis des petites églises, mardi 4 août

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Au cours de la visite guidée, vous verrez le retable du XVIIIe siècle, la statue de saint Roch du XVIIe siècle, les tableaux de la nef…

Nous attirons votre attention sur un détail de l’exceptionnelle litre funéraire :

Blason sur la litre funéraire à l’église de Grangues (@ APSEG, F. Tayeb)

Une litre funéraire est une bande noire qui était peinte dans une église lors des obsèques d’un seigneur patron du lieu. Le blason de ce seigneur figurait sur la bande noire.

La zone entourant le blason ci-dessus montre une fenêtre de restauration : la peinture sombre d’origine a été partiellement dégagée de son badigeon blanc, laissant apparaître l’écu armorié dans sa fraîcheur originale à gauche, tandis que la partie droite demeure sous un voile de badigeon.

L’écu est surmonté d’une couronne marquisale ou ducale (à fleurs de lys et fleuron), affirmant un titre de haute noblesse. On distingue nettement la Croix de Saint-Louis (ou de l’Ordre du Saint-Esprit) suspendue au bas de l’écu par un ruban, avec sa croix à quatre branches.

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A Gonneville-sur-Mer : vous découvrirez également un retable du XVIIIe siècle, des vêtements sacerdotaux, des tableaux, des statues… Nous voudrions vous faire remarquer le chemin de croix. On prête rarement attention aux chemins de croix, et pourtant il y en a de fort beaux :

Station VII du chemin de croix à l’église de Gonneville-sur-Mer : Jésus tombe pour la deuxième fois

Le chemin de croix (ou Via Crucis) est une pratique de dévotion qui consiste à méditer sur les différentes étapes (14 stations) de la Passion du Christ, depuis sa condamnation à mort jusqu’à sa mise au tombeau. Cette pratique remonte aux pèlerinages médiévaux à Jérusalem. Les Franciscains, installés en Terre sainte dès 1342, furent les principaux diffuseurs de cette dévotion en Occident.

Dès le XVe siècle, on trouve des représentations des stations de la Passion dans des églises et des couvents. Au XVIIe siècle, sous l’impulsion de la Contre-Réforme. Le chemin de croix se répand dans les campagnes françaises. Le XIXe siècle voit une floraison de chemins de croix dans presque toutes les églises paroissiales. Ils deviennent une composante quasi systématique de l’aménagement intérieur des églises, souvent adossés aux murs latéraux de la nef.

L’ensemble du chemin de croix de Gonneville-sur-Mer est une production d’artisanat d’art de la fin du XIXᵉ ou du début du XXᵉ siècle. Le Christ au premier plan sur fond bleu, écrasé sous la croix, est entouré de bourreaux et surmonté d’un halo lumineux. Le médaillon en forme d’écu, peint en polychromie vive, se détache sur une structure en fer forgé peint en noir, enrichie de rinceaux de vigne (symbole eucharistique) et rosettes dorées aux extrémités. L’écu est une allusion à un combat spirituel.

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