Saint Antoine à l’église Saint-Martin de Bonnebosq

L’église de Bonnebosq

A Bonnebosq, à la fin du XIXe siècle, sous l’impulsion de l’abbé Harel curé de la paroisse, la décision fut prise de raser l’ancienne église qui datait du XIIe siècle pour bâtir au même emplacement, au coeur du village, un imposant édifice de style néo-gothique. L’église est ouverte en permanence.

Saint Antoine, pierre taillée polychrome, XVe ou XVIe siècle

Brève histoire de saint Antoine et de l’ordre des antonins

Né en Egypte en 251, Antoine, dit « le Grand » ou « l’Ermite », distribue toute sa fortune aux pauvres, se retire dans le désert et crée un ermitage. Il résiste victorieusement aux tentations de la chair et aux attaques des bêtes sauvages envoyées par Satan. Considéré comme le fondateur de la vie monastique, il est vénéré pendant tout le Moyen Age. Fin du premier acte.

Rebondissement au XIème siècle: les reliques de saint Antoine sont transférées de la ville de Constantinople vers un village du Dauphiné. À cette époque, un mal mystérieux cause des ravages en Europe. Les malades ont la sensation de brûler vifs. L’ordre des hospitaliers de Saint-Antoine est alors créé. Les chanoines réguliers (les Antonins) se spécialisent dans les soins aux malades atteints de cette maladie, le « Mal des ardents » ou « feu de saint Antoine », due à un champignon vénéneux (l’ergot de seigle) parasite du seigle.

L’ordre des Antonins prend son essor au XIIIe siècle sous l’impulsion de la papauté. Il connait alors une immense richesse, possédant des centaines d’hopitaux (des commanderies) à travers l’Europe.

En 1777, l’ordre, en déclin numérique, est réuni à l’Ordre de Malte par le pape Pie VI. Les derniers biens des Antonins sont confisqués pendant la Révolution française.

Les attributs de saint Antoine

Le petit cochon à ses pieds est le compagnon inséparable du saint dans l’art populaire. Les Antonins avaient en effet obtenu du pape le privilège de faire divaguer leurs porcs, source substantielle de revenus.

Le livre, tenu dans sa main gauche, symbolise la sagesse, la connaissance des Écritures et la règle monastique. Sa main droite semble s’appuyer sur un bâton (partiellement brisé). La croix en forme de T (le Tau) est le symbole des Antonins.

A la base de la statue, on voit des flammes rouges s’élever autour des pieds du saint et du petit cochon. Ce feu fait bien sûr référence au « feu de saint Antoine ».

Petite digression médicale : comment les Antonins traitaient le « feu de saint Antoine »

Ils utilisaient le « Saint Vinaigre » (un vin où avaient trempé des reliques) et surtout le « Baume de Saint-Antoine », une pommade à base de plantes cicatrisantes. Ils offraient aux malades du pain de blé pur (sans ergot de seigle), ce qui suffisait souvent à stopper la progression de la maladie. Et enfin, les Antonins étaient passés maîtres dans l’amputation des membres gangrénés par le mal.

détail du vitrail de saint Antoine

Saint Antoine encore, sur un vitrail de l’atelier Mazuet à Bayeux

Il apparaît sur l’un des vitraux de la belle série de vitraux de l’église de Bonnebosq, réalisée vers 1880-1885. L’atelier Mazuet était très actif en Basse-Normandie durant la seconde moitié du XIXe siècle, fournissant de nombreuses paroisses du diocèse de Bayeux et Lisieux.

Le style est caractéristique du vitrail du XIXe siècle : une figure ou une scène centrale, entourée d’une architecture néo-gothique complexe et de bordures ornementales colorées.

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