Le Mesnil-Germain, église Saint-Jean-Baptiste

Coordonnées GPS : 49.047361, 0.189139

L’église Saint-Jean-Baptiste se situe dans la commune déléguée du Mesnil-Germain (commune nouvelle Livarot-Pays-d’Auge). Elle ouvrira ses portes aux visiteurs mardi 25 août à 17h, à l’occasion du circuit proposé dans le cadre des « Mardis des petites églises ».

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Situer Le Mesnil-Germain (carte géoportail)

Trouver l’église (carte géoportail)

Le circuit du 25 août

Extérieur : clocher porche et façade sud (photo tourisme.aidewindows)

L’église est construite au XIIe siècle. Deux contreforts sont ajoutés au XVIe siècle. Le portail et les baies surbaissées du chœur datent du XVIIIe siècle. Un mur extérieur porte d’ailleurs la date inscrite de 1740. La tour-clocher en brique est reconstruite en 1886.

Ce qu’en dit Arcisse de Caumont :

Pour une fois, l’auteur s’attarde à décrire élogieusement l’intérieur de l’église…

« L’église du Mesnil-Germain s’élève d’une manière pittoresque sur le sommet d’un coteau et domine un étroit vallon qui va se perdre dans la riante vallée du Mesnil-Durand.
Cette église, que M. Pannier vient de visiter et de décrire, était primitivement romane. La nef et le choeur forment un long parallélogramme percé, au nord et au midi, de fenêtres à arc surbaissé datant du siècle dernier. Les murs, entièrement récrépis, ne laissent plus voir l’appareil primitif. Le mur septentrional est flanqué de quatre contreforts très plats. Au midi, il y a absence de contreforts. Un autre contrefort, placé au chevet, se voit à l’intérieur de la sacristie. Ce chevet était autrefois percé d’une fenêtre.
Le portail occidental, construit en grand appareil, est flanqué de deux contreforts élevés au XVIe siècle. La porte, à plein-cintre, ne date que de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Le gable était autrefois percé d’une grande fenêtre ogivale de la dernière époque. Au-dessus du gable s’élève un clocher en charpente, surmonté d’une pyramide octogone en ardoise percée à sa base de quatre fenêtres.
Le choeur est orné d’un bel autel, dans le style Louis XV, avec un grand rétable décoré de pilastres rudentés à chapiteaux composites, Le tabernacle mérite aussi de fixer l’attention, ainsi que le tableau qui orne le rétable.
A l’extrémité de la nef sont placés deux petits autels assez jolis, dont le rétable seulement date du règne de Louis XIV. L’un de ces autels, consacré à la Sainte-Vierge, est décoré de belles colonnes torses offrant, dans leur partie inférieure et supérieure, des grappes de raisin attaquées par des oiseaux et des limaçons, et dans la partie moyenne une couronne ducale formée de fleurs de lis et de fleurons.

Le beau maitre-autel et son retable, représentant la résurrection du Christ (photo : Christian Bosshard)

 Pourquoi tant de beaux retables dans les petites églises du Pays d’Auge, aux XVIIe et XVIIIe siècles ?

Raisons d’ordre économique. La quasi totalité des maîtres-autels et leurs retables enPays d’Auge remontent à la période comprise entre 1650 et 1789. A cette période, la Normandie est une province peuplée, relativement prospère, avec une classe bourgeoise cultivée et enrichie par un commerce actif, des laboureurs aisés, et une classe seigneuriale dispensant ses largesses aux paroisses situées sur ses terres. Les bras et les ressources semblent ne pas manquer pour construire ou reconstruire et embellir les petites églises qui couvrent le territoire.

Raisons d’ordre spirituel. Avec la Contre-Réforme (Concile de Trente 1545-1563) et la réaffirmation du dogme de la transsubstantiation, l’autel et le tabernacle occupent une place primordiale dans l’espace liturgique et dans le déroulement des offices. L’Eglise encourage l’embellissement des sanctuaires, considérant que la richesse du décor constitue une incitation à la dévotion et un hommage à la grandeur divine.

A cela s’ajoute l’influence des deux grandes figures spirituelles du Pays d’Auge, au XVIIe siècle

Dom Dominique Georges, qui restaure l’aura intellectuelle et spirituelle de l’abbaye cistercienne du Val Richer, en Pays d’Auge, dans la ligne des préceptes de la Contre-Réforme. Il crée les Conférences ecclésiastiques pour éduquer le peuple par l’exemple donné par le clergé.

Le père Jean Eudes (canonisé en 1925), qui fonde à Caen la Congrégation de Jésus et Marie et organise des missions paroissiales, véritables missions d’évangélisation dans les campagnes normandes. En effet,  au sortir des guerres de religion en France, l´ignorance et le relâchement des mœurs sont extrêmes.

Dans ce contexte, le retable architecturé et polychrome, qui finira par être  entièrement doré à l’or fin dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, s’impose comme l’élément majeur du décor des églises en même temps qu’un instrument de propagation de la Foi. Ces retables commandés massivement après le concile de Trente ont envahi le chœur des églises, où ils ont été traités comme des arcs de triomphe mystiques, habités par les images de Dieu, de la Vierge, du Christ et des saints. De l’avis du grand spécialiste des retables normands, Jacques Pougheol, le Pays d’Auge a constitué dans le Calvados, pour l’effet et la richesse, le point culminant des retables baroques. Les raisons suggérées ne suffisent pas à expliquer l’exubérance et la fantaisie, plus affirmées ici qu’ailleurs en Normandie.

Le fronton du retable, surmonté de deux pots à feu et d’une gloire avec des angelots

Statue de saint Jean-Baptiste, torchères de charité et colonne rudentée du retable, à chapiteau composite (photo Christian Bosshard)

Autel latéral côté sud, saint Joseph

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