Sainte-Marie-aux-Anglais, église Sainte-Marie

Coordonnées GPS : 49.0712278,0.0248550

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Carte Géoportail

Les étoiles bleues indiquent les églises ouvertes à la visite pour le circuit libre du mardi 4 août, dans le cadre des « Mardis des petites églises ». L’église Sainte-Marie-aux-Anglais vous accueillera à 16h.

L’église sera également ouverte à la visite les samedis 1er août et 5 septembre, de 14h à 17h, dans le cadre des « Petites églises ouvertes en Pays d’Auge ».

Carte détaillée Géoportail

L’association Conserver la Chapelle de Sainte-Marie-aux-Anglais

L’association, présidée par Jacques Devos, dispose d’un site internet remarquable, présentant la chapelle, son histoire, son architecture, ses peintures murales, les travaux effectués, les projets… Vous y trouverez une foule de renseignements, une vidéo en musique et une visite guidée par le président de l’association. A voir absolument avant de vous rendre sur les lieux!

Site internet de l’association

Voir : Les chroniques de l’église Sainte-Marie-aux-Anglais publiées sur la page Facebook de l’association.

Et aussi : Pourquoi ce nom? extrait de la brochure disponible dans l’église.

Alors, que nous reste-t-il à vous dire, qui n’ait déjà été prévu par l’association ou qui ne soit sur son site internet? Il nous reste à convoquer l’historien et archéologue français Arcisse de Caumont (1801-1873) qui la visita et obtint son classement aux monuments historiques en 1850. Il la trouva telle que nous la voyons aujourd’hui. En effet, la caractéristique première de cette église est de nous être parvenue quasiment inchangée depuis le XIIe siècle, ce qui est une rareté, en Pays d’Auge ou ailleurs.

Pour la bonne compréhension de certains termes spécifiques à l’architecture, voici le lien vers Le dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle d’Eugène Viollet-le-Duc.

Chapelle ou église? le mot chapelle précise le fait qu’une petite église n’est pas (ou plus) une église paroissiale. Sainte-Marie-aux-Anglais est donc une chapelle. Mais si on ne précise pas sa fonction paroissiale, elle appartient à la catégorie générale des petites églises. Arcisse de Caumont est donc fondé à employer le mot église pour Sainte-Marie-aux-Anglais.

Ouvrons maintenant la Statistique Monumentale du Calvados, et voyons ce que dit Arcisse de Caumont sur l’église de Sainte-Marie-aux-Anglais :

« L’église de Ste-Marie est, sans contredit, une des mieux conservées et des plus curieuses de l’ancien diocèse de Lisieux. Le choeur et la nef appartenaient en entier au style roman et n’ont subi presque aucune altération depuis leur origine. Le plan, conforme à celui d’un grand nombre d’églises rurales, présente deux corps allongés : l’un (le choeur) plus étroit que l’autre et moins long, tous deux terminés par un mur droit. (…) La façade occidentale de la nef présente une porte romane dont l’archivolte est ornée de zigzags multiples. Au dessus, trois fenêtres cintrées, sans colonnes ni moulures, occupent le diamètre de la façade. (…) Dans le mur latéral du nord qui fait face à l’ancien manoir et se trouve du côté du chemin, existe une porte très élégante, dont l’archivolte porte des tores conduits en zigzag et dessinant des losanges.  »

Porte nord, archivolte ornée de zigzags
Porte côté sud

« Les modillons sont très-bien conservés et tout est intact du côté du nord. (…) Du côté du sud, on a refait deux fenêtres vers la fin du XVe siècle : l’une dans la nef, l’autre dans le choeur.
Ce dernier offre, du même côté (sud), une porte cintrée sans moulures, sauf pourtant la pierre formant la clef de la voûte sur laquelle on voit une espèce de palmette perlée. »

Côté sud : modillons romans et fenêtre refaite vers la fin du XVe siècle
La croix à anglets, représentation du quadrivium?

Ces étranges modillons

La langue, la meilleure et la pire des choses (médisance, vilénies) et tête bestiale du Malin

l’acrobate exhibitionniste

l’acrobate, comme tous les symboles dans le monde roman, est ambivalent : il peut symboliser l’inconduite, la luxure. Ce qui est évident pour ce modillon.

Notons que l’acrobate peut aussi prendre un autre sens, si l’on se réfère à ce texte de Bernard de Clairvaux : « Aux yeux des autres, nous avons l’air d’effectuer de véritables tours de force. Tout ce qu’ils désirent, nous le fuyons, et tout ce qu’ils fuient nous le désirons, comme ces jongleurs et danseurs qui, la tête en bas, les pieds en l’air, dans une posture inhumaine, marchent sur les mains et attirent sur eux le regard de tous »

 » Si tous les modillons n’avaient que des décorations abstraites, on ne se poserait pas beaucoup de questions. Par contre, la présence des modillons profanes et crus sur les églises romanes était la norme et non pas une exception. Ces modillons grotesques, diaboliques ou impudiques suscitent des interrogations sur la motivation des bâtisseurs. Quand on regarde une église isolément, sans prendre en compte le contexte culturel de l’époque ou de la région, on peut penser : « Ces modillons là, c’est un maçon-farceur qui les a mis, pour rigoler ! » C’est une réflexion sans fondement, car les modillons sont beaucoup trop fréquents et semblables, sur presque toutes les églises romanes dans l’arc allant de l’Espagne à l’Irlande et sur une période d’environ deux siècles. Derrière la construction d’une église, il y a une question de financement. Les maçons et sculpteurs ne travaillaient pas gratuitement ; ils étaient payés « à la pièce » et un modillon non figuré était nettement moins cher qu’un modillon figuré. Souvent, l’argent d’une fondation religieuse ou d’un seigneur local manquait cruellement et si les modillons profanes n’étaient que des frivolités on trouverait beaucoup d’églises romanes avec des modillons non figurés. Or, chaque église romane qui est presque dans son état d’origine, a des modillons figurés et, aussi, des modillons grotesques, sataniques ou impudiques. 

« Le financement de la construction d’une église était assuré par des fondations religieuses ou des seigneurs locaux. Chacun pouvait imposer certaines préférences. Le clergé était chargé du contrôle de l’iconographie dans les églises depuis le deuxième concile de Nicée en 787 (la part revenant à l’artiste fut ainsi résumée : « Au peintre seul appartient l’art, mais aux Pères la composition… »), mais il y avait toujours une petite place pour l’expression et les variations des artisans. S’il y a des sculptures zoomorphes, grotesques, impudiques, etc. sur les églises, c’est bien que le clergé responsable de la construction les avait voulues ou tolérées. 

L’interprétation du sens symbolique dans le détail est naturellement sujette à caution. Il n’est pas aisé d’interpréter la vision du monde qu’avaient le clergé et la population laïque au XIe siècle-XIIe siècle avec les yeux et la culture des observateurs du xxie siècle, le risque pour nous est de voir trop ou trop peu. Certaines grandes lignes semblent assez claires. Outre l’illustration des vices, des modillons évoquent les démarches spirituelles de conversion ou de lutte contre les monstres sataniques. La symbolique fait référence à la culture religieuse mais aussi profane de l’époque et doit parfois se lire à plusieurs niveaux d’interprétations. Contrairement aux chapiteaux historiés de l’intérieur à contenu plus spirituel, les sculpteurs s’expriment avec plus de liberté sur les modillons à l’extérieur, reflet du monde profane qui les entoure. » WIKIPEDIA, iconographie des modillons romans

l’ exhibitioniste

ambivalence du symbole : visage serein, ou quelque vice que nous ne décryptons pas?

L’intérieur de l’église


« L’intérieur de l’église présente plusieurs genres d’intérêt.
D’abord, les chapiteaux des colonnes ont tous une forme élégante et une décoration végétale annonçant le XIIe siècle; le tailloir qui les surmonte est, dans le choeur orné d’une frette élégante en zigzag. L’arcade entre choeur et nef est en arc brisé et dénote, comme les chapiteaux, l’époque de transition. » Arcisse de Caumont

L’arc de gloire et la voûte en pierre du choeur. Remarquer la croisée d’ogives, qui apparaît en Normandie dès le début de l’époque romane
Les fresques


« Les fresques qui décoraient les murs attirent à juste titre l’attention de l’observateur; elles ont été, comme partout, couvertes d’une épaisse couche de chaux étendue par un barbouilleur de village, dont le pinceau paraît avoir été un balai; mais quelques parties de cet enduit sont détachées ; d’autres ont été enlevées par les curieux, et l’on a pu reconnaître que toute l’église était peinte à la détrempe et présentait une suite de sujets. Les couleurs dominantes de ces figures sont, d’abord le rouge d’ocre, puis le jaune ; le bleu se voit aussi dans quelques parties. Ce qui m’a paru remarquable, c’est la simplicité du travail qui ne consiste guère, pour quelques personnages, que dans une esquisse, et qui pourtant produit un certain effet. »


Peinture murale dans le choeur, sur le mur sud
Peinture murale dans la nef : l’attaque du château fort

Deux gisants


« Deux statues tumulaires se voient du côté de l’évangile, sous deux arcades qui semblent avoir été pratiquées après coup dans l’épaisseur du mur ; ces statues me paraissent du XIIIe siècle, et je n’ai aucuns renseignements sur les seigneurs qu’elles représentent ; mais ce sont des seigneurs de la paroisse. L’une offre l’image d’un guerrier vêtu de sa cotte de mailles et de sa cotte d’armes, les jambes également maillées, les pieds éperonnés. Il porte suspendu, à gauche, son écu de forme aiguë par le bas, et son glaive à deux tranchants. Les mains sont croisées sur la poitrine ; des anges supportent le coussin sur lequel repose la tête; un lion est sous les pieds. L’autre statue est celle d’une femme, probablement l’épouse de ce guerrier; elle porte, au-dessus de la cotte hardie, un surcot sans manches et fendu par devant. La main gauche tombe le long de la taille et paraît tenir un mouchoir ou un gant; l’autre bras est ployé et repose sur la poitrine. Cette statue est plus grossière que la précédente, elle dénote un ciseau moins exercé. »



Selon l’association « Conserver la Chapelle de Sainte-Marie-aux-Anglais« , le second gisant est identifié non comme l’épouse du guerrier figuré par le premier gisant, mais comme « un jeune homme, probablement un bourgeois, en habits civils, qui sont des témoignages rares de l’habillement en Normandie au milieu du XIIIe siècle. Ce n’est pas l’oeuvre d’un grand sculpteur mais par une certaine naïveté, ces gisants nous émeuvent par le côté serein, souriant même des ces personnages face à la mort ». (extrait de la brochure disponible dans l’église)

Et le mobilier?

Tout a disparu. Mais Jacques Devos, président de l’association « Conserver la Chapelle de Sainte-Marie-aux-Anglais » a retrouvé des informations concernant le mobilier de la chapelle.


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