Manerbe, église Saint-Jean-Baptiste

Coordonnées GPS : 49.1857011, 0.1746812

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Itinéraire du mardi 28 juillet

Les étoiles bleues indiquent les églises ouvertes à la visite pour le libre itinéraire du mardi 28 juillet, dans le cadre des « Mardis des petites églises ». L’église de Manerbe vous accueillera à 16h.

L’extérieur de l’église

Eglise de Manerbe, côté sud
Eglise de Manerbe, façade occidentale (photo Christian Bosshard)

L’église actuelle, construite entre 1513 et 1525, remplace un important édifice antérieur, ancienne vicairie, tombé en ruines au début du XVIe siècle.

La description très précise d’Arcisse de Caumont :


« Au XVIIIe. siècle, Manerbe avait 3 feux privilégiés et 110 feux taillables. Aussi l’église est-elle assez importante.
Elle se compose d’un choeur et d’une nef, bâtis à la fin du XVI. siècle. Le portail regarde la route. La porte est une arcade surbaissée qui pose sur deux pieds-droits semblables à de petits contreforts triangulaires. Au-dessus est une niche moderne. Les vantaux ne datent que du règne de Louis XIV, mais ils sont ornés de guirlandes en relief et d’arabesques sculptées.
Un contrefort soutient l’angle du sud de ce portail. Le nord est contre butté par une tour carrée, bâtie dans l’alignement du portail, élevée de quatre étages, avec contreforts sur les angles. Elle est percée, à différentes hauteurs, d’ouvertures variées : à l’ouest, une fenêtre ogivale subdivisée par un meneau; au nord, une fenêtre ogivale plus étroite, subtrilobée.
Son couronnement est une pyramide en charpente mince et élancée, ajourée, sur chacune de ses faces, d’une série de petites arcatures trilobées. Le mur latéral de la nef, à la suite de la tour, est soutenu par deux contreforts et éclairé par deux fenêtres ogivales : l’une, de belle dimension, avec deux meneaux ; l’autre, moins élevée, avec un seul meneau.
Le mur du sud, qui a un plus grand développement, puisqu’il occupe l’espace correspondant à la tour, est flanqué de trois contreforts et percé de trois fenêtres ogivales, à peu près aussi larges que hautes, avec tracerie formée de deux rangs de quatre-feuilles à pétales lancéolés que soutiennent deux meneaux.
Le choeur est légèrement en retraite sur la nef. Il se termine par un chevet pentagonal avec contreforts sur les angles et présentait, dans ses deux murs latéraux, un parallélisme complet avant la construction d’une sacristie adhérente à son flanc méridional. Un seul contrefort de ce côté, deux au nord, le soutiennent. Le jour arrive à l’intérieur par quatre fenêtres placées régulièrement. Les pans du chevet étaient également percés de fenêtres, maintenant en partie bouchées. Celle de l’orient, plus élégante, plus large, subdivisée par trois meneaux avec une belle tracerie, est totalement fermée, probablement depuis l’établissement du haut retable de l’autel. Une porte à arc surbaissé sert d’entrée dans le choeur, du côté du nord. »


La tour clocher du XVIe siècle

Arcisse de Caumont passe ensuite à la description de l’intérieur de l’église. Habituellement, les éléments de décor XVIIIe ne l’intéressent guère (ils sont trop récents pour un homme du XIXe siècle, nous agissons de même à l’égard des ajouts XIXe siècle dans les églises). Pour Manerbe, il fait une exception pour le tableau du retable, les candélabres et les fragments de vitraux Renaissance :


« Le tableau qui occupe le centre du retable est signé: C.de Fontenay, avec la date 1684. A droite et à gauche de l’autel sont des panneaux qui représentent des bouquets de fleurs remarquablement peints. On lit au-dessous: B. Daubin, 1698. Aux fenêtres sont quelques fragments de vitraux de la Renaissance : on peut encore y distinguer une sainte Barbe, avec la date 1525, une Mère-de-Douleur, etc. Sur l’un des deux petits autels étaient placés des candélabres en bois sculpté, style Louis XV, qui venaient de l’abbaye du Val-Richer.« 

Le maître-autel

Il date de la fin du XVIIe siècle. Le panneau central, représentant saint Jean-Baptiste, est de C. de Fontenay ( daté 1684)

Le maître-autel (Photo Christian Bosshard)

Détail du maître-autel : le tabernacle

Détail du devant d’autel : l’agneau mystique et les sept sceaux de l’Apocalypse

Détail du tabernacle, panneau central : le Christ tenant le monde

détail du tabernacle, panneau latéral, saint Jean-Baptiste

Sainte Apolline, implorée pour les maux de dents. Panneau latéral droit du retable

Saint Jean-Baptiste, surgissant dans la splendeur baroque, vêtu de peaux de bêtes et accompagné de son agneau. Panneau latéral nord du retable

En 1698, le comte de Borel offre ce maitre-autel à sa paroisse. Sur l’un des petits panneaux peints, on trouve l’inscription « 1698 Daubin ».

Petit tableau inséré dans les boiseries à gauche du maître-autel

Petit tableau signé Daubin, inséré dans les boiseries à droite du maître-autel

Jean-Baptiste Daubin : domicilié à Lisieux (paroisse Saint-Germain) en 1711. Il décède le 5 décembre 1721 au manoir seigneurial de Chiffrevast.

Eglises avec une oeuvre de Jean-Baptiste Daubin :

Auvillars, Blosville (Manche), Fourches, Gerrots, Le Mesnil-Bacley (1707), Montreuil-en-Auge (provenant de l’Abbaye du Val- Richer), Manerbe (1698), Notre-Dame-d’Estrée, Repentigny, Saint-Ouen-le-Pin (provenant de l’Abbaye du Val-Richer), Saint-Jean-du-Thenney (Eure)

La splendide voûte au dessus du choeur

Une vigne géante, telle un arbre de vie, se déploie sur la voûte du choeur. ces magnifiques peintures sont menacées par l’humidité. Il faut revoir d’urgence l’étanchéité de la toiture!

La porte de la sacristie (Photo Christian Bosshard)

Piscine liturgique du XVIe siècle, abritant la statue de la Vierge, seule rescapée du bombardement de l’église de Saint-Désir en 1944

La poutre de gloire, avec le Christ. Remarquer la tête de mort au pied de la Croix
Les torchères et les chaperons de la confrérie de charité
Les torchères de charité et les chaperons (Photo Christian Bosshard)

Les confréries de charité remontent en France au XIe siècle. Les charitons emportaient et enterraient les morts pendant les grandes épidémies du moyen-âge. Ce sont actuellement des associations de paroissiens catholiques qui assurent bénévolement les inhumations, accompagnent et soutiennent les familles en deuil et participent aux offices religieux en assistant le célébrant. Elles sont placées sous le patronage d’un saint et se distinguent par leur bannière particulière.

La torchère de charité : c’est un vase de cuivre ou de métal argenté placé à l’extrémité d’un long manche de bois, dans lequel on mettait des matières combustibles destinées à donner de la lumière.

Le chaperon est une étole brodée d’or et d’argent dont le motif est propre à chaque confrérie. Il se porte obliquement, passé sur l’épaule gauche et noué sous le bras droit.

Détail d’une torchère de charité, avec la grappe de raisin, symbole du Christ

Les vitraux
L’église possède deux vitraux datant du 1er quart du XVIe siècle

Il s’agit de remploi de fragments du début du XVIe siècle en grisaille et jaune d’argent, reposés dans une vitrerie incolore, en 1697.

Leur histoire : à l’achèvement du gros oeuvre, lors de la reconstruction de l’église au début du XVIe siècle, on plaça des vitraux, parmi lesquels une représentation de sainte Barbe. En 1697, leur mauvais état suscita des délibérations entre les paroissiens et le vicaire sur la « refaçon » des vitres de la nef. Ce travail échut à François Lemercier, « vitrier » à Lisieux. Arcisse de Caumont, au milieu du XIXe siècle, put admirer dans les baies de la nef une sainte Barbe et la Vierge de douleur au pied de la Croix

Le premier vitrail se trouve dans l’imposte de la porte d’entrée (lune, Vierge de douleur, Sainte Barbe, Anges), l’autre est au dessus de la porte de la sacristie ( deux saintes, saint Nicolas).

Fragments XVIe siècle, remployés dans l’imposte de la porte d’entrée

Fragments XVIe siècle, remployés dans l’imposte de la sacristie

Les vitraux 1920 gardant mémoire de La Grande Guerre

Alors que les vitraux du XVIe siècle étaient encore en place en 1920, on décida de les remplacer par des vitraux contemporains en commémoration de la Grande Guerre : dernière messe des soldats en partance, l’ange de la victoire célébré par des soldats et leur famille, le retour des soldats, un poilu au pied de la croix. Trois de ces vitraux furent financés par le maire du village, M. Delafosse, qui obtint de son Conseil une subvention complémentaire de 3000 francs. Deux autres vitraux, représentant Jeanne d’Arc à l’écoute de ses voix, et saint Michel ordonnant à saint Aubert de construire de Mont-Saint-Michel, ont été donnés par le prince et la princesse Michel Handjeri, bienfaiteurs du village en souvenir de la princesse Ida disparue en 1918.

L’ensemble des six vitraux est commandé à l’atelier Charles Lorin de Chartres, sur des cartons de Lionel Roger.

Voir ici Lorin Charles (peintre-verrier) et Royer Lyonel (peintre)

Les six nouveaux vitraux furent inaugurés le dimanche 17 octobre 1920, lors d’une grande fête paroissiale.

Dernière messe des soldats en partance

Dans un intérieur d’église, l’été 1914, des soldats sont sur le départ (ils portent encore le pantalon rouge garance). Ils embrassent une dernière fois leur famille en recevant la bénédiction. Au tympan, trois anges tenant un phylactère les encouragent à aller se battre pour Dieu, la patrie et la liberté.

Le retour des soldats. On reconnaît le clocher de l’église de Manerbe

Poilu au pied de la Croix (Photo Christian Bosshard)

le Christ en croix apparait à un poilu agonisant, avec en arrière-plan, une église en ruines sur fond de paysage de tranchées et de ciel torturé. Dans le lobe supérieur, un ange lui porte la couronne de laurier. Dans le registre inférieur, le portrait photographique de Marius Pascal, mort au combat, est inscrit en médaillon dans une couronne de laurier encadrée par des rinceaux et un phylactère portant l’inscription. La scène, épousant la forme de la baie, est bordée d’un mince filet blanc et or orné de fleurons.

L’ange de la victoire célébré par les soldats et leur famille (Photo Christian Bosshard)

L’ange apparait en gloire aux soldats victorieux de la guerre. De part et d’autre, des soldats debout brandissent fusils et étendards en signe de victoire, tandis que femmes et hommes, déposant leurs outils, se sont agenouillés pour le prier. Au tympan, trois anges tenant phylactère glorifient le droit, la justice et la force

Jeanne d’Arc à l’écoute de ses voix

Vision de saint Aubert d’Avranches

Les fameuses poteries de Manerbe

Voici un extrait d’un texte publié par la Société Historique de Lisieux (E. Colleville.- Notice historique sur Manerbe, Arch. SHL. 9F Deville. B. 3. Dossier Manerbe) :

« Il existait à Manerbe une importante fabrique de poterie qui prit naissance dans le XIVe siècle et qui eut son épanouissement au XVIe et XVIIe siècles. Il est bien indiscutable que c’est à Manerbe, et non au Pré-d’Auge, que se fabriquaient ces vases merveilleux que l’on a décoré souvent du nom du célèbre saintongeois Bernard Palissy, et ces épis d’une dimension si remarquable, et qui décoraient les faîtes, les lucarnes et les pignons de nos châteaux et manoirs.
 Gabriel Dumoulin, curé de Menneval, près Bernay, au diocèse de Lisieux, vers 1630, dans son Histoire de Normandie, les comparait aux produits de l’industrieuse Venise; il dit: « On fait à Manerbe, près Lysieux, des vaisselles de terre, qui ne cèdent en beauté et en artifice, à celle qu’on nous apporte de Venise.
 Ces artistes, qui créèrent et exécutèrent ces épis dit M. Potier, ancien conservateur de la Bibliothèque et du Musée d’Antiquités de Rouen, avaient assez d’habileté pour imiter même à s’y méprendre, les oeuvres du maître Saintongeois, et pour en inventer au besoin de nouvelles. »

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