Grandouet église Saint-Gorgon

Coordonnées GPS : 49.1590229,0.0666744

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Les étoiles bleues indiquent les églises ouvertes à la visite pour le circuit libre du mardi 21 juillet, dans le cadre des « Mardis des petites églises » . L’église Saint-Gorgon de Grandouet vous accueillera à 16h.

L’église sera également ouverte à la visite les samedis 1er août et 5 septembre, de 14h à 17h, dans le cadre des « Petites églises ouvertes en Pays d’Auge ».

Pour plus de précisions (carte Géoportail)

Le circuit Dominique Georges

L’église de Grandouet fait partie du circuit Dominique Georges, réalisé à l’initiative du sénateur Ambroise Dupont. L’ex Communauté de Communes de Cambremer et l’ex Pays d’Art et d’Histoire avaient édité pour ce circuit une fort intéressante brochure qui n’est plus disponible. Mais le circuit existe toujours, en voici les différentes étapes :

Le circuit Dominique Georges, au coeur du Pays d’Auge

L’abbaye du Val-Richer et Dominique Georges

Site cistercien, l’abbaye du Val Richer connut ses heures de gloire sous l’abbatiat de Dom Dominique Georges (1613 – 1693), abbé du Val Richer de 1652 à sa mort. Dominique Georges nait en1613, en Lorraine. En 1647, il est nommé à la cure du Pré d’Auge, près de Lisieux.

Pour éduquer le peuple par l’exemple donné par le clergé, il crée les conférences ecclésiastiques en 1650. Ces dernières soulignent le rôle du clergé dans le soin à apporter aux églises. Dans l’une d’elles (1689), il est notamment expliqué que 

« Les peuples […] ressentent beaucoup plus de dévotion, et fréquentent bien plus volontiers leurs églises, lorsqu’ils les voyent décemment et somptueusement ornées, car étant grossiers comme ils sont la plupart, ce n’est, dit saint Bernard, que par la pompe extérieure qu’ils peuvent s’élever à la considération des choses spirituelles »

En 1652, Dominique Georges est nommé abbé du Val Richer. Il réussit, à force de persuasion et de travail, à restaurer la grandeur de l’abbaye. Son aura intellectuelle et spirituelle le conduit à Rome en 1664 pour des négociations avec la Papauté pour la Réforme Générale des couvents, voulue par Louis XIV. Il  meurt au Val Richer en 1693.

En 1791, les moines furent chassés de l’abbaye, le cloître et l’église abbatiale détruits. Des oeuvres du Val Richer sont dispersées dans les églises du Pays d’Auge. 

Une paroisse qui ne manque pas de patrons : l’église est sous le vocable de Saint-Martin. Mais saint Germain et saint Sébastien sont les patrons secondaires de l’église. Comment choisir parmi tous ces vénérables patrons, évangélisateurs de la première heure ou protecteur contre la peste? En fait, tous cèdent la place de bonne grâce à saint Gorgon, finalement choisi par les fidèles de la paroisse : la saint Gorgon est fêtée à Grandouet, le 2e dimanche de septembre.

Voir ici : Visite virtuelle de l’église Saint-Gorgon de Grandouet

C’est un moment de beauté et de sérénité que nous devons à François Grandval, président de l’association Sauvegarde du patrimoine de Grandouet. Cette association s’emploie à sauvegarder le patrimoine bâti et paysager de Grandouet.

L’extérieur

L’église est située dans un hameau, entourée d’un petit cimetière clôturé. Elle est Monument Historique depuis 1977. Elle date de la fin du XIIe siècle et comme la plupart des églises augeronnes, elle a connu des modifications au fil des siècles. Une sacristie polygonale est ajoutée au XVIIIe siècle.

Côté sud, avec la sacristie

L’église, orientée Ouest-Est, à quatre travées, se terminait initialement par un chevet plat auquel s’est rajoutée ultérieurement une sacristie à cinq pans. On peut cependant voir les trois lancettes dans la sacristie. La nef est surmontée d’un toit en bâtière et le choeur d’un toit en croupe. 

Le mur gouttereau sud est constitué tout d’abord de la nef, divisée en deux travées. Chacune d’elle s’élève sur deux niveaux; le niveau supérieur  est percé par une grande baie en arc brisé. La troisième travée est ouverte par une porte surmonté d’un arc brisé à voussures, qui donne accès au choeur de l’église. l’archivolte retombe sur une paire de colonnettes dont il ne reste que les chapiteaux. 

La quatrième travée comporte une baie en arc brisé au niveau supérieur. Ces baies alternent avec des contreforts. Les modillons sont hélas très abîmés. A mi-hauteur court un larmier.

Les ouvertures et les moellons de calcaire, au sud

L’entrée principale se trouve au niveau de la façade occidentale. Elle est constituée d’un porche ouvert en bois (fin XVe ou XVIe siècle) donnant accès à une porte en anse de panier (arc dit surbaissé). Les vantaux en bois du portail sont ornés du motif dit « plis de serviette ». Deux petites baies percent le mur pignon de la façade, et un clocher surmonte le tout; ce dernier est percé par des baies munies d’abat-sons. Des contreforts flanquent chacun des deux côtés de cette façade. 

Le porche occidental (ou « caquetoire »)
détail des panneaux de la porte occidentale, décorés de « serviettes plissées »

Ce que dit Arcisse de Caumont de l’extérieur de l’église :

« L’église de Grandouet appartient au premier style ogival des campagnes du Pays-d’Auge. La nef et le choeur se composent chacun de deux travées; les murs sont couronnés d’une corniche en pierre et de modillons à figures qui, tous, ont été mutilés intentionnellement au marteau à une époque qui ne paraît pas ancienne. Le choeur est en retrait sur la nef. Le chevet, droit, était percé de trois lancettes étroites et longues, dont une, celle du milieu, est plus élevée que les autres; elles ont été bouchées par suite de l’établissement de l’autel, mais on les voit très bien dans la sacristie, addition moderne à pans appliquée sur ce chevet. Les fenêtres primitives des murs latéraux étaient toutes en forme de lancettes, étroites comme des meurtrières; plusieurs existent encore dans le mur septentrional; d’autres, quoique bouchées, peuvent encore être reconnues dans le mur du midi. De ce dernier côté, quatre fenêtres ont été substituées aux anciennes: deux pour la nef, deux pour le choeur. Trois de ces fenêtres sont ogivales, subtrilobées au sommet, et paraissent de la fin du XVe ou du XVIe siècle. La quatrième est moins ancienne, probablement du XVIIe, et arrondie au sommet. »

Pour les termes techniques employés dans cette présentation,

Consulter ici le dictionnaire de l’architecture française du XIe au XVIe siècle

L’intérieur

Vue de l’entrée principale, depuis la nef

On retrouve ici une caractéristique de certaines petites églises du Pays d’Auge : la charpente repose sur des poteaux verticaux indépendants des murs. Il semblerait que les charpentiers ne faisaient pas confiance aux maçons et plaçaient des poteaux pour soutenir les poutres!

On remarque deux mystérieuses colonnes engagées. Ce sont les restes d’une ancienne façade? peut-être y avait-il un narthex sous une tour clocher?

la cuve baptismale octogonale est difficile à dater. Peut-être du XVIe siècle?

Les fonts baptismaux

Le maitre-autel

Le maitre-autel du XVIIIe siècle avec son retable (photo Christian Bosshard)

Le retable du maître autel est du XVIIIe siècle : forme architecturée, en trois parties. Plus de fronton ni de colonnes imposantes, remplacées par une corniche cintrée et des pilastres composites.  

Le panneau central représente la Déploration du Christ : le Christ est dans les bras de la Vierge, Madeleine au pied du défunt, saint Jean derrière. il s’agit d’une copie d’un tableau de Van Dyck, peint pour l’église du béguinage d’Anvers et aujourd’hui conservé au musée des Beaux-arts d’Anvers. Ce tableau a été gravé à de multiples reprises par des artistes flamands. Pour le choix des scènes, les commanditaires, c’est-à-dire les curés la plupart du temps, faisaient souvent leur choix grâce à ces gravures qui circulaient. Ils ont privilégié les représentations de la passion du Christ ou des scènes de la vie de la Vierge.

Les ailes du retables sont occupées à gauche par une statue de Saint Martin, et à droite une statue de Saint Sébastien. Arcisse de Caumont (voir la citation plus haut) ne s’intéresse absolument pas aux retables, surtout s’ils sont du XVIIIe siècle, époque qu’il qualifie de « moderne » donc sans intérêt à ses yeux. Pour le retable de Grandouet, Arcisse de Caumont est très laconique : « Les boiseries de l’autel doivent dater du siècle dernier »!

Le devant d’autel (ou antependium) représente une croix de Malte, sur un semis de roses, tulipes et oeillets, fleurs symboliques de la Passion du Christ. Au milieu, la colombe du Saint-Esprit.

Saint Sébastien, en terre cuite du Pré d’Auge, XVIIIe siècle

Saint Sébastien était un saint « pesteux » très populaire avant d’être concurrencé par saint Roch.

La statue de saint Sébastien a été retrouvée par le chanoine Simon sous le maître autel en 1923. Avait-elle été caché pendant la révolution ? Ou avait-elle été reléguée car jugée « indécente »?

Nous avons là un très bel exemple de céramique du Pré d’Auge du XVIIIe siècle, qui dépasse le cadre de l’art populaire, si bien qu’il a pu être attribué à Joachim Vattier le second (1622-1709). La sérénité du personnage, la douceur de ses traits en font une oeuvre très attachante.

L’autel latéral nord

Autel latéral nord : l’Assomption de la Vierge, XVIIe siècle
Devant d’autel de l’autel latéral nord

Le devant d’autel (ou antependium)

La tradition de poser des tissus précieux sur les tables remonte à l’Antiquité. Les premières romaines chrétiennes semblent avoir donné leurs vêtements brodés pour couvrir l’autel sous un linge blanc immaculé. Ces premières étoffes venaient souvent d’Orient, portant un décor de griffons, entrelacs ou fruits. Le tissu va ensuite porter un décor qui symbolisera le Christ ou la Vierge Marie ou l’Eglise dans son ensemble

La feuille d’acanthe

C’est un motif qui remonte à l’antiquité. Il symbolise la persévérance, le triomphe sur les épreuves de la vie et de la mort. Elle dit l’amour éternel, l’élévation de notre âme vers le divin. Plus sa feuille se déploie et s’ouvre, plus les épreuves seront vaincues et transformées en gloire. Ici, on voit deux feuilles d’acanthe très épanouies.

Le bouquet avec épis de blé, raisin et fleurs. Tous ces éléments sont des symboles de Marie ou du christ :

Le blé et le raisin représentent le pain de la dernière Cène et le vin, sang du Christ

La rose Attribut d’Aphrodite dès l’Antiquité, elle devient celui de Marie. Si elle est blanche c’est la pureté, la virginité de Marie, si elle est rose et sans épines c’est l’amour de Marie « rose sans épines » des litanies de la Vierge, si elle est rouge c’est le martyre, le sang versé, le symbole de la coupe qui avait servi lors de la Cène et a ensuite recueilli le sang du Christ mourant. Elle est souvent remplacée dans cette fonction par la tulipe à partir du XVIIe, dont la forme de calice est plus parlante.

Linteau dans le réfectoire de l’abbaye Saint Etienne à Caen

Le linteau de Caen présente le même thème que celui de l’antependium de Grandouet : un arbre vivant s’appuie sur un arbre sec. Ce sont les symboles du Nouveau Testament, arbre vigoureux qui s’appuie sur l’Ancien Testament, arbre desséché, pour prendre son essor.

Vierge à l’oiseau. Terre cuite émaillée, XVIIIe. La Vierge porte un long manteau rouge fourré d’hermine. L’enfant Jésus joue avec l’oiseau, symbole de sa Passion future. Cette statue en terre cuite du Pré-d’Auge date du XVIIIe siècle. Elle avait été badigeonnée à la chaux en 1909. Elle a été rétablie dans sa polychromie à l’occasion de l’exposition d’art religieux présentée dans l’église l’été 1962.

Saint Gorgon (huile sur toile, autel latéral sud)

Saint Gorgon, soldat romain converti au christianisme fut martyrisé sous Dioclétien (IIIe siècle) pour avoir refusé d’abjurer sa foi. Son corps fut déchiré par des griffes de fer, on versa du sel sur ses blessures, puis il fut rôti sur un gril, comme saint Laurent.

La sacristie

Les trois lancettes ogivales du chevet initial, visibles maintenant dans la sacristie

Sous le regard de Napoléon III en buste, on découvre des archives communales et notamment un très vieux cadastre. En effet, une autre particularité de l’église est que la mairie se tenait dans la sacristie. »

L’association Sauvegarde du patrimoine de Grandouet

Son but : Sauvegarder le patrimoine bâti et paysager de Grandouet. Président : François Grandval

L’association extrêmement active, sous la houlette de son Président, a fait et continue à faire des merveilles de restaurations et de mises en valeur. L’église participe à tous les évènements destinés à mettre en valeur les petites églises. Celle-ci est exemplaire, tant pour l’entretien méticuleux de l’intérieur et de l’extérieur, que pour la volonté d’ouverture et de partage avec le public.

Consulter également : Eléments pour une visite de l’église de Grandouet

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