Saint-Aubin-sur-Algot

L’église de Saint-Aubin-sur-Algot est une des étapes majeures dans le circuit Dominique Georges. Sa découverte est aisée, car le but de l‘Association de sauvegarde de l’église de Saint-Aubin-sur-Algot, présidée par Joël Demaegdt a toujours été de maintenir l’église ouverte. Pour cela, avec la détermination et la passion de ses bénévoles, l’association a restauré, sécurisé, et, dernière étape, obtenu un inventaire exhaustif de ce que contient l’église. Ce sont d’autres bénévoles, ceux de l’association « Patrimoine cultuel et art sacré dans le Calvados », sous la houlette de Jean Bergeret, qui viennent de mener à bien cet inventaire. Les fiches, réalisées méthodiquement avec photos et descriptions minutieuses, sont rentrées dans une base de données, consultable en particulier en cas de vol ou de sinistre. Parcours exemplaire, qui nous restitue le privilège de rentrer dans cette église et d’y trouver, selon ce qu’on cherche, la sérénité dans tous les cas, la beauté, l’histoire locale et la grande histoire, le patrimoine religieux, la spiritualité…

Ouest-France, le 21/10/2019

Suivons tout d’abord Arcisse de Caumont dans notre découverte de l’église :

Arcisse de Caumont : « L’église de St-Aubin-sur-Algot, qui offre divers sujets d’étude, avait été l’objet d’une description de M. Billon qui se retrouvera peut-être dans ses notes. J’avais visité cette église avec lui, à l’époque où l’on reconstruisait la tour ( 1853). Cette tour, que l’on distingue parfaitement du chemin de fer, se compose d’un corps carré en pierre, élevé sur le mur occidental ; elle se termine par une pyramide en charpente couverte d ardoises ; on a allongé l’église d’une travée pour asseoir cette tour, et l’on a ouvert dans le mur occidental une porte garnie de colonnettes à chapiteaux dans le style du XIIIe siècle (M. Nicolas, architecte, membre de la Société française d’archéologie, est l’auteur de cette addition). »

Porte sur la façade occidentale, mentionnée par Arcisse de Caumont

« La partie ancienne de l’église se compose donc du choeur et de la nef, abstraction faite de la travée qui porte le clocher. Les murs de toute cette partie offrent l’appareil en arêtes de poisson, au moins jusqu’à une certaine hauteur ; ils sont couronnés d’une corniche avec modillons à figures; les contreforts sont peu saillants. Ces caractères sembleraient annoncer que l’église appartient au style roman, et pourtant les fenêtres les plus anciennes que l’on y voit aujourd’hui sont des lancettes très- étroites qui peut-être ne datent que du commencement du XIIIe siècle. Elles sont encore au nombre de deux dans le mur septentrional de la nef; une autre existe dans le mur méridional. Toutes les autres fenêtres ont été repercées. Ainsi, on en voit deux dans le mur méridional de la nef, qui sont subdivisées par un meneau et dont le sommet est orné d’un quatre-feuilles ; elles doivent appartenir à la fin du XIVe siècle eu, peut être, au commencement du XVe. Des fenêtres moins anciennes et de proportions très mauvaises éclairent le choeur, qui est plus élevé que la nef et terminé par un chevet droit. »

« opus spicatum » ou appareil en arête de poisson, attestant l’ancienneté de l’église (Xe siècle?)

Et voici nos coups de coeur, à l’intérieur :

Le maitre-autel et son retable (photo Christian Bosshard)

Saint Aubin et saint Hubert, de part et d’autre de l’autel majeur, datent de 1728 et 1733

La Résurrection, tableau du maître-autel (3,20mx1,80m, copie XVIIIe siècle d’Antoine Coypel

Les prédelles (parties inférieures d’un tableau d’autel ou de retable) au nombre de six, s’inscrivent dans les panneaux délimités par le socle des colonnes du retable : elles représentent les quatre évangélistes, l’apparition à Madeleine et l’incrédulité de Saint-Thomas. 

Prédelle du retable : saint Matthieu
prédelle du retable : saint Marc
Prédelle du retable : saint Luc

Il reste à signaler les oeuvres du Val-Richer présentes dans l’église. La documentation affichée sur les panneaux d’information de l’entrée précise :

« D’après le journal la Normandie, février 1869, sept tableaux proviendraient du Val-Richer :

  • Le Christ
  •  La Vierge noire, copie exacte de la madone de St Luc apportée de Rome par Dominique Georges. (Semaine religieuse, 1923, p. 938, et Bonne Semence, n°498). Bien des fois, saint Jean Eudes, ami de Dominique Georges, célébra la messe devant cette “image” place dans l’abbatiale au-dessus d’un autel qu’on fit élever à cet effet.)
  • La Visitation, tableau de 2mx1m50, commémorant l’institution des conferences ecclésiastiques par le même Dominique Georges. (Confié au Val-Richer par M. Bouet, Saint-Clair, maire.)
  • Saint Joseph, lys dans la main gauche, Jésus enfant sur le bras droit
  • L’adoration des bergers (1697).
  • Saint Antoine de Padoue
  • Saint Charles Borromée prie devant le crucifix »

Signalons enfin que des tombes mérovingiennes ont été découvertes dans le cimetière!

Voir ici : Article « Sépultures mérovingiennes au Pays d’Auge »

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