Saint-Ouen-le-Pin

Détail de l’antependium (XVIIIe siècle) de l’autel latéral nord. Remarquable décoration végétale, toute en mouvement et en finesse de coloris.
Carte de Cassini (XVIIe siècle)

L’église Saint-Ouen, à Saint-Ouen-le-Pin, fait partie du circuit Dominique Georges, comme le rappelle une plaque posée à l’extérieur, près de l’if du cimetière.

Dominique Georges, abbé du Val Richer au XVIIe siècle, est une figure importante de la Contre Réforme en Pays d’Auge. Il naît en 1613, en Lorraine. En 1647, il est nommé à la cure du Pré d’Auge, près de Lisieux. A l’abbaye cistercienne du Val Richer, l’abbé d’alors, prenant conscience qu’il fallait établir la réforme au Val Richer et ressusciter l’esprit de saint Bernard, persuade Dominique Georges de devenir, après formation, abbé du Val Richer. En 1652, Dominique Georges est nommé abbé du Val Richer. L’abbaye connut alors ses heures de gloire sous son abbatiat, jusqu’à sa mort en 1693. Son oeuvre n’est pas poursuivie au XVIIIe siècle. En 1791, les moines furent chassés de l’abbaye, le cloître et l’église abbatiale détruits. On trouve des oeuvres en provenance de l’abbaye du Val-Richer dans maintes églises des alentours.

L’appareil du mur Sud en arête de poisson (opus spicatum) témoigne de l’ancienneté de l’église. XIIe siècle? antérieur?

Nous adressons tous nos remerciement à M. Cléradin, maire de Saint-Ouen-le-Pin, qui nous accompagne, et à M. Philippe Bannier qui nous présente l’église. Voici nos coups de coeur :

le choeur de l’église, avec son maître-autel du XVIIe siècle. Les deux anges baroques au premier plan proviendraient del’abbaye du Val-Richer.
Le tableau du retable, donné par Guizot : la Sainte Famille (huile sur toile).
L’agneau pascal au milieu de l’antependium (XVIIIe siècle) du maitre-autel, très finement décoré de feuillages et de fleurs.
Le Christ en bois sous l’arc triomphal. C’est une oeuvre de 1932, d’un menuisier local, M. Lerebourg.
Vitrail du XIXe siècle, représentant saint-Sébastien, très souvent représenté dans les églises du Pays d’Auge.
Imposante statue en bois de saint Sébastien, XVIIIe siècle
Détail de l’antependium (XVIIIe siècle) de l’autel sud. La Vierge à l’Enfant, avec saint Jean-Baptiste tenant la croix. Remarquer la finesse et la beauté de la décoration végétale
Sur le mur sud de la nef, la Vierge et l’enfant endormi (XVIIIe siècle)
Éducation de la Vierge XVIIe siècle. Statues en bois polychrome provenant de l’abbaye du Val-Richer
L’évêque de Rouen,, saint Ouen (huile sur toile, XVIIIe siècle)
Gisant de sainte Thérèse

Thérèse s’est rendue à Saint-Ouen-le-Pin en 1884 et 1885, d’abord pour soigner sa coqueluche, puis en vacances avec ses sœurs et ses cousines. Elle a dessiné la ferme contiguë à la maison. Elle s’est promenée au bois du Theil.

Dans le cimetière se trouve la tombe de François Guizot et de la plupart de ses descendants et leurs conjoints. François Guizot était historien et homme d’État français, membre de l’Académie française et plusieurs fois Ministre sous la Monarchie de Juillet. Il a aussi joué un rôle important dans l’histoire de l’école en France, en tant que ministre de l’Instruction publique demandant la création d’une école primaire par commune et d’une école normale primaire par département, par la loi de 1833. Il fut aussi élu, au début de sa carrière, à la chambre des députés par la ville de Lisieux, siège qu’il conserva durant toute sa vie politique. Il avait acheté dans la commune des bâtiments de l’ancienne abbaye du Val Richer pour y résider. Il est le donateur du tableau de la Sainte Famille du retable de l’église représentant la Sainte Famille. Conrad et Marcel Schlumberger sont aussi inhumés à Saint-Ouen-le-Pin. Les deux frères posèrent les principes, dans les années 1920, de la « diagraphie au câble » (Wireline logging), une technologie encore très largement utilisée dans l’ingénierie pétrolière moderne.

Détail de l’antependium de l’autel latéral Sud. Pour le plaisir des volutes et des couleurs délicates…
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