Saint-Martin-de-Beuvron-en-Auge

Après Hotot-en-Auge et Putot-en-Auge, la 16e édition des « Chemins des églises ouvertes « s’est terminée par la visite de l’église Saint-Martin-de-Beuvron-en-Auge, qui fait partie du circuit Dominique Georges. On accède à l’église par une très romantique allée fleurie qui traverse le cimetière et mène à un clocher sur porche datant du XIXe siècle. L’église présente la rare particularité d’être toujours ouverte au public. On s’y sent d’autant mieux accueilli qu’au fur et à mesure que l’on s’avance dans la nef, les lumières s’allument! Nous avons tout particulièrement cherché dans cette église l’influence matérielle ou spirituelle du grand abbé du Val Richer au XVIIe siècle, Dominique Georges.

Dominique Georges, abbé du Val Richer au XVIIe siècle, est une figure importante de la Contre Réforme en Pays d’Auge. Il naît en 1613, en Lorraine. En 1647, il est nommé à la cure du Pré d’Auge, près de Lisieux. A l’abbaye cistercienne du Val Richer, l’abbé d’alors, prenant conscience qu’il fallait établir la réforme au Val Richer et ressusciter l’esprit de saint Bernard, persuade Dominique Georges de devenir, après formation, abbé du Val Richer. En 1652, Dominique Georges est nommé abbé du Val Richer. L’abbaye connut alors ses heures de gloire sous son abbatiat, jusqu’à sa mort en 1693. Son oeuvre n’est pas poursuivie au XVIIIe siècle. En 1791, les moines furent chassés de l’abbaye, le cloître et l’église abbatiale détruits. De nombreuses oeuvres en provenance de l’abbaye se retrouvent dans les églises des alentours.

L’Assomption, XVIIIe siècle, maître-autel (inscrite MH). La dévotion à la Vierge Marie est un des aspects fondamentaux de la Contre-réforme

« L’ÉGLISE SAINT-MARTIN DE BEUVRON-EN-AUGE a été construite de 1640 à 1643 à l’initiative de Gilone de Goyon-Matignon, veuve de Pierre Ier d’Harcourt, marquis de Beuvron. L’église primitive était située à l’intérieur de l’enceinte du château des Harcourt et la marquise décida de la déplacer au nord du bourg, sur un terrain dit « le clos du Bec »… (lire la suite)

L’église a donc été déplacée au XVIIe siècle. Son aspect actuel, fruit de remaniements successifs, ne rend pas justice à son ancienneté. C’est souvent le cas dans les petites églises du Pays d’Auge. Sa dédicace à saint Martin atteste cependant une fondation très ancienne, car comme dit l’adage, « saint Martin et sainte Marie se partagent la Normandie ». Saint Martin est le saint le plus populaire, non seulement en Normandie, mais aussi dans toute la France.

Histoire de l’église : don des terres au début du XIIe siècle pour la fondation d’une église à Beuvron
Tous les vitraux sont signés Louis Barillet et datent de 1924

Bibliographie :

Histoire de l’église : création de la confrérie des Saints Anges en 1685, en présence de Dom Dominique Georges

Légende en bas du vitrail : « Le 1er juillet 1685, M. Delaunay Hue, docteur en Sorbonne, trésorier de la cathédrale de Bayeux, érige à Beuvron, avec le concours de Dom Dominique Georges, abbé du Val Richer, la confrérie des Saints Anges. En 1834, elle est rétablie par M. L’abbé Mainfray curé de Beuvron »

Le choeur. Les 14 très beaux lustres du choeur et de la nef viendraient de l’abbaye du Val Richer
Détail de l’antependium du maître-autel. La dévotion au Sacré Coeur de Jésus est un des apports majeurs de la Contre-réforme
Autel latéral nord, dédié à la Vierge
Autel latéral sud, dédié à la Saint Famille

Les « conférences ecclésiastiques » : pour éduquer le peuple par l’exemple donné par le clergé, Dominique Georges crée les conférences ecclésiastiques en 1650. Ces conférences soulignent le rôle du clergé dans le soin à apporter aux églises. Il est notamment expliqué que : « Les peuples […] ressentent beaucoup plus de dévotion, et fréquentent bien plus volontiers leurs églises, lorsqu’ils les voyent décemment et somptueusement ornées, car étant grossiers comme ils sont la plupart, ce n’est, dit saint Bernard, que par la pompe extérieure qu’ils peuvent s’élever à la considération des choses spirituelles »

Numéro spécial de la revue « Le Pays d’Auge » consacré à Dom Dominique Georges et l’abbaye du Val-Richer, mars 1994.

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