Chateaubriant et les rogations à saint Ortaire

Paysage à Mirbel. Quelque part à proximité, se trouvait la source de saint Ortaire, autrefois lieu de pèlerinage. Aujourd’hui, ce sont les les nuages qui pélerinent, les merveilleux nuages…
Saint Ortaire
Statuette provenant de l’église Saint-Pierre-de-Mirbel (actuellement à Saint Martin de Quétiéville)

Jusqu’à la fin des années 30, il y avait à saint-Pierre-de-Mirbel un pèlerinage à la source de saint Ortaire, située non loin de la chapelle. La source est actuellement tarie…

Saint Ortaire naquit vers 482 dans le diocèse de Coutances. Ortaire prit très jeune l’habit au monastère de Beaumesnil dans le Calvados. Il fonda plus tard un monastère dans la Forêt d’Andaine. À l’âge de cinquante ans, il fut nommé abbé de l’Abbaye de Landelles dans le Calvados, où il opéra plusieurs miracles. Il mourut dit-on à l’âge quatre-vingt-dix-huit ans, le 15 avril 580 et fut inhumé à Landelles.

Ermite du VIe siècle, saint Ortaire est un saint guérisseur des membres déformés par les rhumatismes ou la paralysie. Pour obtenir la guérison, on plaçait des petites pierres plates dans les fourches des arbres qui entouraient la fontaine de son ermitage à la hauteur précise des douleurs qu’on voulait soigner. Fête le 15 avril ou le 21 mai.

Dans son Éloge du christianisme (1802), Chateaubriand décrit l’importance des rogations, célébrées trois jours avant l’Ascension en vue d’obtenir de bonnes récoltes :

« Après l’exhortation, l’assemblée commence à marcher en chantant  : “Vous sortirez avec plaisir, et vous serez reçu avec joie  ; les collines bondiront et vous entendront avec joie.” L’étendard des saints, antique bannière des temps chevaleresques, ouvre la carrière au troupeau, qui suit pêle-mêle avec son pasteur. On entre dans des chemins ombragés et coupés profondément par la roue des chars rustiques  ; on franchit de hautes barrières formées d’un seul tronc de chêne  ; on voyage le long d’une haie d’aubépine où bourdonne l’abeille et où sifflent les bouvreuils et les merles. Les arbres sont couverts de leurs fleurs ou parés d’un naissant feuillage. Les bois, les vallons, les rivières, les rochers entendent tour à tour les hymnes des laboureurs. Étonnés de ces cantiques, les hôtes des champs sortent des blés nouveaux, et s’arrêtent à quelque distance pour voir passer la pompe villageoise. »

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